mardi 7 août 2007

Une pêche d'exception: les pibales.

Les Egyptiens avaient élevé les anguilles au rang des dieux. Ils leur rendaient un culte religieux, les élevaient dans des viviers où des prêtres étaient chargés de leur apporter tous les jours du fromage et des entrailles d’animaux. Il apprivoisaient ces anguilles sacrées et les décoraient de bijoux en forme de colliers. Athénée appelle l’anguille “la fille de Jupiter”. On cherche vainement à comprendre comment un tel animal a pu conquérir une telle ascendance. Les anguilles aiment les voyages. Leur lieu de prédilection est la mer des Sargasses, à quelques cinq mille kilomètres de nos côtes. Poussées par un mystérieux instinct, des anguilles âgées d’une dizaine d’années font chaque année ce fabuleux voyage pour aller pondre des millions d’œufs par cinq cents mètres de profondeur. C’est là que naissent les larves que le Golf Stream porte vers nos côtes où elles deviennent “pibales”, civelles ou, comme le disent joliment les anglais “des anguilles de verre” d’environ cinq centimètres de long qui remonteront en banc phosphorescents l’Adour, la Nive ou la Nivelle jusqu’à ce que les pêcheurs les happent au moyen de gigantesques épuisettes, les sédas, afin de leur faire terminer leur voyage, le soir dans des caisses en bois, le lendemain dans votre assiette.

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vendredi 3 août 2007

Ciboure: il suffit de passer le pont...



Jadis “unie” à Saint-Jean-de-Luz, Ciboure fut appelée à s’administrer elle-même dès l’année 1561. Blottie au pied de la colline de Bordagain, elle voit ses vieilles maisons spécifiquement basques se refléter dans les eaux de la Nivelle dont l’embouchure se confond avec le port de Saint-Jean-de-Luz. C’est dans l’une de ces maisons dont le pignon à volutes est d’un inattendu style flamand du XVIII°siècle que naquit le 7 mars 1875, le compositeur Maurice Ravel :
“ - Je suis né à Ciboure, commune des Basses Pyrénées, voisine de Saint-Jean-de-Luz, le 7 ars 1875, écrit le musicien. Mon père, originaire de Versoix, sur la rive du Léman, était ingénieur civil. Ma mère appartenait à une ancienne famille basquaise.”
De sa fenêtre, l’auteur de la “Pavane pour une Infante défunte” pouvait contempler la maison blanche et rose où l’Infante Marie Thérèse logea en 1660. Derrière sa maison s’élève l’église Saint-Vincent dont le clocher “a quelque chose des constructions chinoises. De loin, on pourrait le prendre pour une pagode” écrivait Lagarde en 1835. Avec ses hauts murs sans contreforts, son entrée monumentale de style Renaissance et son clocher octogonal, il ressemble davantage à une forteresse qu’à une église.

L’église Saint-Vincent :

Achevée en 1570, l’église de Ciboure fut agrandie au XVII° siècle, époque à laquelle elle reçut son magnifique mobilier Louis XIV. Elle comporte une vaste nef unique, un chœur à fond plat ainsi que deux chapelles peu profondes ajoutées en 1696 et formant le transept. De grandes tribunes recouvrent sur trois étages les trois murs de la nef. En provenance de l’ancien couvent des Récollets, le maître autel date du “Grand Siècle”, il offre une représentation de la Vierge encadrée de colonnes où se mêlent oiseaux, feuillages et écureuils, l’ensemble surmonté par Dieu et Saint-Vincent, patron de la ville. De même origine sont les deux retables des chapelles rajoutées en 1696, le buffet d’orgue et la chaire sculptée, ainsi que certains tableaux et la grille en fer forgé du chœur.











Les ports de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure ne faisant qu’un , leur histoire est commune. C’est cependant sur le territoire de Ciboure, le long du chemin de halage qui borde le golf de la Nivelle que l’on peut remarquer, certains soirs, d’autres pêcheurs curieusement équipés d’une épuisette et d’une lampe de poche : ce sont les pêcheurs de pibales.

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